Succession and assets
For Dual-National Families, a German Foundation Is a Powerful Tool — and a Trap If You Misuse It

Une famille irano-allemande, une société en Allemagne, un bien à Téhéran, des enfants avec deux passeports, finit toujours par poser la question : comment empêcher le patrimoine de se fragmenter à travers les frontières et les générations ? Une réponse revient sans cesse : la fondation familiale allemande (Familienstiftung). Elle mérite un examen lucide, non un argumentaire de vente.
Ce qu'elle est réellement
Une Familienstiftung (§§ 80 à 88 BGB) est une personne morale sans propriétaires ni associés. Les biens qui y sont placés n'appartiennent à personne en particulier, seulement à son but : maintenir le patrimoine entier à travers les générations.
Les avantages
Contre la fragmentation : la succession ne se divise pas entre les héritiers à chaque génération, elle reste entière.
Protection des actifs : à l'abri des prétentions de tiers et des litiges.
Continuité : elle porte les objectifs de la famille quel que soit le pays où chacun s'installe.
L'avantage fiscal, en chiffres
Transférer des biens à une personne morale est normalement imposé dans la tranche la plus dure, la classe III (30 à 50 %, abattement de 20 000 euros). La fondation familiale bénéficie d'un privilège : elle est imposée en classe I (7 à 30 %, abattement jusqu'à 400 000 euros), sur la base du bénéficiaire visé le plus éloigné.
Sur un transfert de 2 000 000 d'euros : environ 594 000 euros d'impôt par la voie ordinaire (classe III) contre environ 304 000 euros vers une fondation familiale (classe I), soit environ 290 000 euros économisés sur un seul transfert. Pour les familles qui s'expatrient, la planification de l'exit tax (Wegzugsteuer, § 6 AStG) peut économiser davantage en préservant le droit d'imposer de l'Allemagne.
Les inconvénients
Coûteuse : une fondation autonome exige généralement une dotation importante, souvent de l'ordre d'un million d'euros, plus des frais de fonctionnement.
L'impôt des trente ans : tous les trente ans, un impôt successoral de substitution (Erbersatzsteuer) frappe les biens de la fondation.
Vous perdez le contrôle : une fois les biens apportés, ils ne sont plus les vôtres, définitivement.
Ce n'est pas une astuce fiscale : l'administration rejette les montages construits uniquement pour éluder l'impôt ; cela ne fonctionne qu'à l'intérieur d'une planification réelle et de long terme.
L'obstacle comparatif pour les familles irano-allemandes
Ce qu'une vision purement allemande manque : une Familienstiftung gouverne parfaitement les biens détenus en Allemagne, mais elle n'atteint pas l'Iran. Un bien immobilier de Téhéran ne peut pas entrer dans une fondation allemande ; il reste soumis au droit iranien (lex rei sitae). Une famille binationale a donc besoin de deux structures coordonnées : la fondation allemande d'un côté, une voie licite pour le côté iranien.
Une seconde couche : la double nationalité des enfants peut transformer une structure efficace en Allemagne en un problème de droit iranien, ce qui est précisément la raison pour laquelle les deux systèmes doivent être planifiés ensemble, dès le départ.
Le verdict honnête : pour la bonne famille irano-allemande, avec de vrais actifs, un horizon long et de véritables objectifs de transmission, une fondation est un excellent point d'ancrage. Pour un plan de court terme ou purement fiscal, c'est le mauvais outil.
Dans les deux cas, elle n'est jamais toute la réponse, seulement une moitié d'une structure qui fonctionne lorsque les deux côtés parlent d'une seule voix.